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L’histoire
Ce
n’est pas un long métrage américain, où le héros blanc garde
toujours le contrôle, utilisant des armes à la technologie de
pointe contre des criminels ou ses « ennemis », c’est
une scène de rue dans une ville surpeuplée de plus d’un million
d’habitants qui ont passé toute leur vie dans des camps et sous un
régime d’occupation (puis une brève période d’autonomie limitée).
Cette histoire se déroule dans la ville de Gaza, dans la bande de Gaza, mais peut-être
n’est-elle pas sur les cartes des américains blancs…
C’est
le début de l’hiver à Gaza, quand les enfants jouent dans les
ruelles étroites du camp, sous la pluie. De la pluie, oui, mais pas
d’eau, une pluie sanglante, une pluie de balles de toutes sortes
et de roquettes.
Depuis
trois jours la ville gronde de colère (comme toutes les autres
villes de Palestine) à cause de la «visite » du bourreau des
habitants de Sabra et Shatila Ariel Sharon à la Mosquée Al-Aqsa,
à cause du massacre des fidèles réunis pour la prière le jour
suivant, où périrent de nombreux musulmans, où d’autres plus
nombreux encore furent blesses. Gaza, où est née l’Intifada en
1987 a rejoint dès le premier jour la nouvelle Intifada Al-Aqsa,
montrant leur colère, demandant au monde de regarder la cause
palestinienne objectivement et au monde musulman de protéger Al-Aqsa
et Jérusalem la Sainte des plans israéliens qui visent à la
destruction de la mosquée pour rebâtir là leur «temple ».
Mohammed
al-Dorah, un garçon de 12 ans, ouvre ses yeux ce matin-là au son
des nouvelles de l’Intifada Al-Aqsa, rêvant d’un moyen de
participer. Il n’y a pas d’école aujourd’hui, c’est la grève
générale, et son père Jamal l’emmène comme d’habitude au
marché, déroulement normal de la vie quotidienne d’une famille.
Le
destin de Mohammed l’emporta avec son père vers la rue Al-Shouada,
unique accès à la maison, ils n’ont d’autre moyen de se déplacer
qu’en marchant, arriveront-ils chez eux ?
Il
pleuvait des balles, une vraie tempête de balles, pendant plus de
45 minutes, toutes depuis la même direction vers Mohammed Al-Dorah
et son père, une tornade de balles sanglantes et meurtrières
depuis un poste bien protégé dans la colonie israélienne de
Netzarim, près de la ville de Gaza.
Le
père secourable et son fils ont supplié les Israéliens meurtriers
d’arrêter leurs tirs, et aux gens de les aider à sauver leurs
vies. La pluie s’est arrêtée après que Mohammed eut laissé
partir son dernier souffle, son père ne pouvait plus crier, après
qu’un ambulancier venu leur porter secours ait lui aussi trouvé
la mort, la pluie s’est arrêtée quand plus personne n’était là
pour les sauver.
Le
message des israéliens au monde est clair : « nous
tuerons tous les Palestiniens, sans distinction d’âge, de sexe,
armés ou non, manifestants ou simples passants, jetant des pierres
ou non…nous avons ordre de tirer toutes les balles de «l’aide
américaine » sur tout corps en vie, toute tête ou tout cœur…tirer
pour tuer…et nous tuerons aussi ceux qui voudraient tenter de leur
porter secours ou de soustraire qui que ce soit à nos balles.
Pleins de toute
l’amertume de ce monde, jamais nous n’oublierons Mohammed al-Durah |